| Le Mariage - Les vertus du mariage |
Q : Dans la région de Najd,[1] une pratique courante est de refuser de marier certaines classes de personnes à d’autres. On fait la distinction entre les gens et on classe les personnes selon leurs métiers ou leur origine : on dira par exemple, untel est artisan, ou untel est ouvrier, ou untel est Khudhayri (n’appartenant pas à une tribu).
Cette ségrégation tribale est-elle tolérée par la religion ou est-ce une chose héritée de la période pré-islamique ? Comment juger la valeur des gens ? Certains prophètes n’ont-il pas pratiqué la menuiserie, métier jugé vil aujourd’hui par certains habitants du Najd ? Quelle est la cause de cette ségrégation ?
Je vous demande de me répondre à la lumière des textes du Coran et de la Sunna et d’éclaircir la question, en parlant plus particulièrement de notre région, car les frictions entre les citoyens y sont grandes, surtout dans les campagnes. Je souhaite une réponse satisfaisante et complète car je suis imam, et je donne les prêches du vendredi.
Je voudrais que votre réponse nous éclaire au sujet de ces comportements, qu’Allah vous accorde le succès. Je souhaiterai aussi qu’un livret traitant de la question soit écrit.
R : Les savants ont divergé au sujet de l’égalité (de classes) (Kafâ’a) qui doit exister entre les deux époux. L’avis le plus juste est qu’il faut seulement que les deux époux soient équivalents entre eux au niveau de leur soumission aux recommandations religieuses, car Allah dit :
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« Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. »[2]
Ceci est l’avis choisi par l’imam Mâlik ibn Anas, et on l’attribue aux Compagnons ‘Umar, Ibn Mass’ûd, qu’Allah les agrée, et aussi à Muhammad ibn Sîrîn et ‘Umar ibn ‘Abdul-‘Azîz, parmi ceux qui sont venus après eux (Tâbi’în).
Ceci est prouvé aussi par le fait que le Prophète, prière et salut sur lui, a marié Zayd ibn Hâritha avec Zaynab, fille de Jahch : Zayd était un esclave (Mawlâ) du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, alors que Zaynab était de la tribu de Quraysh et sa mère était hashémite. De même, il a marié Fâtima, fille de Qays, qui était de la tribu de Quraysh aussi, avec Ussâma, fils de Zayd ibn Haritha ; et Zayd était comme son père, Mawlâ lui aussi.
On rapporte aussi de source authentique d’après ‘Âïcha, qu’Allah l’agrée, qu’Abû Hudayfa Ibn ‘Utba ibn Rabî’a ibn ‘Abdu-Shams était de la tribu de Quraysh. En outre, il a participé à la bataille de Badr avec le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui. Il avait adopté Sâlim, serviteur (Mawlâ) d’une femme des Ansars, et qu’il l’a marié à la nièce de Walîd ibn ‘Utba ibn Rabî’a. Ce hadith a été rapporté par Al-Bukhârî, An-Nassâ’î et Abû Dâwûd.
D’autre part, Handhala ibn Abî Sufyân Al-Jumahi rapporte par l’intermédiaire de sa mère que la sœur d’Abdur-Rahmân ibn ‘Awf était l’épouse de Bilal ; or, chacun sait que Bilal était originaire du pays de Habasha (Ethiopie) et qu’il était un ancien esclave qui a été affranchi par Abû Bakr. ‘Abdur-Rahmân ibn ‘Awf, lui, était de Quraysh.
Tout ceci prouve qu’il n’y a pas de mal religieusement à ce qu’une personne d’une tribu arabe se marie avec une personne non-arabe ou Mawlâ, ou encore avec une personne n’appartenant pas à une tribu (Khudhayri), et vice-versa.
- Fatwa du Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de l’Iftâ
- Magazine ad-Da’wa, n°851.
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